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Chronique d’un espace de vie

J’ai tendance à encombrer mon espace de vie, que ce soit chez moi à Dieppe ou au travail. Je trouve mes affaires plus facilement lorsque celles-ci sont éparpillées sur le bureau et, malgré ce que tout le monde croit, je sais exactement où tout se trouve et je n’ai généralement aucun problème à le trouver, enfoui, pour ainsi dire, sous des couches de débris personnels. Je déteste quand quelqu’un range à ma place parce qu’après je ne trouve plus rien. « Il y a une place pour tout », disent mes proches, et je réponds: « Oui, et c’est là que je l’ai laissé. »

Je vis avec quelqu’un qui aime les espaces intérieurs propres et bien rangés. C’est un peu un défi pour moi. Je traverse mon espace de vie un peu comme une tornade. Immédiatement après avoir franchi la porte, j’enlève mes chaussures et les laisse bloquer la porte, j’enlève mon manteau et le laisse sur le canapé. Mon sac est négligemment déposé sur la table à manger, où sont également éparpillés les vêtements que je portais hier.

Le bazar sur un bureau
Le bazar sur un bureau… celui-ci est pire que le mien, je n’en suis quand même pas à ce stade de ‘créativité’.

L’idée préconçue courante est que les gens en désordre sont créatifs. Curieusement, mes collègues Anglais par exemple sont très créatifs, très organisés à la fois. De ce point de vue, je suis celui qui ne peut pas vraiment prétendre à beaucoup de créativité, à part bien évidemment dans la méthode spontanée dans laquelle je dépose mes affaires partout.

Heureusement, je n’ai aucun souci à laisser mes amis voir mon fouillis. Je déteste quand les gens m’invitent chez eux, s’excusent car leur salon est ‘tellement en désordre!’, alors qu’en fait il est d’une propreté impeccable. En revanche, lorsque j’invite des amis je m’excuse aussi pour mon désordre, mais parce qu’il est vraiment, vraiment important. Mon garage à Dieppe est un peu comme un site archéologique. Régulièrement il me vient un coup de sang, une pulsion de ranger les choses. Devant la tâche importante à accomplir, je déplace les choses d’un endroit à l’autre, je fais des sortes de tas d’objets auxquels je trouve des points communs. Quiconque a l’œil vif peut lire la pièce et découvrir ce que je fais pendant mon temps libre (en gros jardiner, faire du vélo, et entretenir tout ce qui touche à la vie extérieure). Ma vie privée est mise à nu.

Au cours des deux dernières années, j’ai beaucoup voyagé, j’ai passé de nombreuses nuits à l’hôtel. Je trouve invariablement que je suis le plus à l’aise dans la chambre une fois qu’elle a été personnalisée par le contenu de ma valise étalé sur le lit. A l’hotel, il y a moins de règles sur la façon de se comporter; et donc je me sens moins comme un invité temporaire et plus comme un véritable habitant. Je ne le fais pas, mais si j’ai envie que mes chaussures passent la nuit dans la salle de bain je pourrais le faire.

Je n’essaie pas de prétendre que l’on devrait permettre au fouillis de s’accumuler indéfiniment, cela se traduirait simplement par un environnement de vie sale et insalubre. Mais je pense qu’un certain degré d’encombrement est un signe que l’on est à l’aise et réconforté par l’espace de vie dans lequel on habite. Cet espace de vie est en quelque sorte habité de manière optimale.

Par Patrick Cousi

Je suis amoureux de Dieppe depuis de nombreuses années, j'y vis et je communique largement sur l'esprit de cette ville et son mode de vie qui me conviennent parfaitement.

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